Préparations aux concours d'entrée des écoles d'art
 

S'engager dans des études artistiques ne consiste pas simplement à transformer un loisir apprécié en activité professionnelle. C'est entreprendre un apprentissage qui associe des compétences techniques, une culture visuelle, une sensibilité personnelle et une réflexion sur son avenir. Le choix d'une école doit donc être réfléchi, documenté et adapté aux possibilités du candidat et de sa famille. La préparation du concours gagne, quant à elle, à s'inscrire dans une démarche progressive plutôt que dans une course de dernière minute. Les ateliers d'art et les professeurs indépendants peuvent y contribuer en offrant un cadre d'apprentissage souple, attentif aux particularités de chaque élève et propice à l'expérimentation. Ce parcours réclame de la patience, de la curiosité et de la persévérance. Il demande aussi de préserver le plaisir de créer, car celui-ci demeure une source essentielle de motivation. L'enjeu est de permettre à ce plaisir de s'appuyer sur des connaissances et des savoir-faire suffisamment solides pour devenir, si le jeune le souhaite, le point de départ d'un véritable parcours professionnel.
1. Du plaisir de dessiner à la perspective d'un métier
 
De nombreux enfants manifestent très tôt un intérêt pour le dessin et, plus généralement, pour l'univers des arts visuels et plastiques. Certains y trouvent un moyen d'expression, d'autres une source de plaisir ou un espace dans lequel leur imagination peut s'exercer librement. Avec le temps, cet intérêt peut devenir une pratique régulière, voire occuper une place importante dans leur vie. 
 
  • Vivre de son art est-il un projet réaliste ?
  • Au moment de choisir une orientation professionnelle, un adolescent vivement intéressé par le dessin incline parfois à envisager cette pratique sous un angle nouveau. Il ne s'agit plus seulement de se consacrer à une activité appréciée pendant les loisirs, mais de réfléchir aux moyens d'en faire le point de départ d'une formation qualifiante et d'un métier susceptible de lui assurer une autonomie économique. Cette réflexion suppose de dépasser une représentation encore répandue des métiers artistiques : celle de l'artiste peintre travaillant dans son atelier, préparant une exposition et cherchant à vivre de la vente de ses œuvres. Cette voie existe et mérite naturellement d'être considérée, mais elle ne représente qu'une partie des possibilités offertes par les formations artistiques. Les compétences acquises dans ce domaine trouvent de nombreuses applications dans l'artisanat, l'industrie et les services. Le graphisme, la conception des formes, la compréhension des volumes, l'harmonie des couleurs et la maîtrise des images interviennent dans des secteurs aussi divers que le design, la mode, l'architecture, la communication visuelle, l'édition, l'animation ou le jeu vidéo. Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer notre environnement quotidien. Nos maisons, nos vêtements, nos voitures, nos meubles et la plupart des objets qui nous entourent ont été conçus - et donc dessinés - avant d'être fabriqués. Des choix de formes, de proportions, de matières, de couleurs et d'usages ont contribué à leur donner leur apparence et leur fonction.
     
    L'enjeu consiste donc à trouver un parcours d'études qui permette de développer une sensibilité personnelle tout en acquérant des compétences solides, mobilisables dans un cadre professionnel. Il s'agit de concilier le désir de beauté et le besoin de sens avec les réalités concrètes de l'exercice d'un métier. C'est dans cette perspective que se pose la question des écoles d'art, des conditions d'admission et de la préparation nécessaire à leurs concours d'entrée.
     
  • Choisir une école d'art : au-delà de la réputation

  • L'expression « école d'art » recouvre des réalités diverses. Les établissements diffèrent par leurs spécialités, leurs méthodes pédagogiques, leurs exigences d'admission, leurs débouchés et les diplômes qu'ils délivrent. Une école réputée n'est donc pas nécessairement celle qui conviendra le mieux à chaque candidat. Le choix doit également tenir compte de considérations concrètes : le coût des études et du logement, l'éloignement géographique, les possibilités de transport, les ressources de la famille et les conditions de vie pendant la formation. Ces éléments matériels ne sont pas secondaires. Ils peuvent non seulement déterminer la faisabilité d'un projet mais aussi influencer l'état d'esprit dans lequel l'étudiant poursuivra ses années études. Quelques démarches permettent d'aborder cette décision avec méthode.
     
    - Commencer les recherches suffisamment tôt.

    Une préparation menée dans l'urgence laisse peu de place à l'expérimentation, à la correction des lacunes et à la maturation d'un projet personnel. S'y prendre à l'avance permet de découvrir les établissements, de comparer leurs attentes, d'assister si possible à leurs journées portes ouvertes et de consulter les travaux des étudiants. Cela donne aussi le temps de progresser dans les disciplines fondamentales sans réduire la pratique artistique à une simple accumulation de productions destinées à un dossier.
     
    - Se renseigner sur l'enseignement proposé.

    Les témoignages d'anciens élèves ayant suivi un cursus complet constituent une source d'information utile. Ils permettent de mieux comprendre les exigences de la formation, la disponibilité des enseignants, les moyens matériels mis à la disposition des étudiants et les possibilités de concrétisation professionnelle. Il convient toutefois de croiser ces témoignages, car une expérience individuelle ne suffit pas à caractériser un établissement. Il est également pertinent d'examiner le parcours des enseignants dans les disciplines qu'ils enseignent : leur formation, leurs réalisations, leurs expériences professionnelles et leur connaissance du secteur concerné. Il ne s'agit pas d'exiger de chaque professeur une carrière artistique prestigieuse, mais de vérifier que son expérience et ses compétences correspondent aux enseignements proposés. Enfin, il faut s'intéresser au contenu effectif du cursus, aux diplômes préparés et à leur reconnaissance, aux conditions de passage d'une année à l'autre et aux perspectives offertes après l'obtention du diplôme. La qualité d'une école ne se résume ni à son nom ni à la difficulté de son concours d'entrée.
     
    - Comprendre les modalités d'admission.

    Chaque école possède ses propres procédures de recrutement. Il est donc indispensable de consulter les informations officielles de chaque établissement et de se référer aux consignes correspondant précisément à l'année de candidature. La constitution du dossier mérite une attention particulière. Il faut vérifier le nombre de travaux demandés, leur nature, les formats acceptés, les dimensions éventuelles, le support de présentation et les modalités de transmission, qu'elle soit numérique ou physique. Certaines écoles peuvent demander un portfolio, une lettre de motivation ou des exercices spécifiques. D'autres organisent une ou plusieurs épreuves pratiques, suivies éventuellement d'un entretien oral. Un dossier conçu pour une école ne répondra pas nécessairement aux attentes d'une autre. Il faut donc éviter de produire un ensemble de travaux générique en supposant qu'il pourra être envoyé partout sans adaptation. Les dates limites, les formats de fichiers et les conditions de dépôt doivent également être consignés et vérifiés. Le concours ne se prépare pas uniquement par la pratique du dessin : il exige aussi une capacité à rechercher des informations fiables, à s'organiser et à respecter des consignes précises.
     
    -  Diversifier ses candidatures.

    Lorsqu'un établissement est particulièrement convoité, la sélection peut être sévère, y compris pour des candidats présentant de réelles aptitudes. Il est donc prudent de constituer une liste de plusieurs écoles correspondant au projet envisagé, sans se limiter à un établissement unique. Cette démarche ne signifie pas qu'il faille présenter sa candidature partout, mais qu'il est préférable de diversifier ses possibilités en tenant compte de la qualité des formations, de leur coût, de leur accessibilité et de leur adéquation avec ses objectifs.
     
    2. Les ateliers d'art et les professeurs indépendants : une étape de formation essentielle
     
    La préparation d'un concours d'entrée en école d'art ne commence pas nécessairement au moment où l'adolescent formule son projet d'orientation. Il existe des espaces de formation intermédiaires qui peuvent jouer un rôle important bien avant cette échéance : les ateliers d'art associatifs et les cours dispensés par des professeurs indépendants. 
     
  • Cours particuliers en groupe
  • Ces structures proposent généralement un enseignement en petits groupes, dans lesquels le professeur peut tenir compte du niveau, des difficultés et des objectifs propres à chaque élève. Ce cours particulier en groupe est propice à l’émergence d’une dynamique collective : chacun travaille à son rythme tout en bénéficiant de la présence des autres, de leurs recherches et de leurs progrès. Les élèves peuvent observer les démarches des autres, découvrir des solutions différentes, échanger leurs idées Il se crée ainsi une ambiance de travail partagé spécifiquement artistique, où l'observation, l'échange et l'émulation occupent une place importante. 
     
    Pour un jeune qui envisage une orientation professionnelle dans ce domaine, ce format est particulièrement enrichissant. Il permet de confronter ses aptitudes à une pratique régulière, de découvrir des méthodes de travail et de mieux mesurer les exigences d'un apprentissage artistique. Ce cadre peut aussi l'aider à préciser ses goûts et à déterminer si son intérêt pour le dessin, jusque-là vécu principalement comme un loisir, peut devenir le point de départ d'un véritable projet d'orientation.
     
  • Distinguer l'enseignement artistique des loisirs créatifs
  • Il importe à ce sujet de distinguer les ateliers proposant un véritable enseignement du dessin et des arts plastiques des clubs de loisirs créatifs. Cette distinction ne repose pas sur un jugement de valeur concernant les activités de loisir, qui peuvent être agréables, enrichissantes et parfaitement légitimes dans leur objectif propre. Elle concerne avant tout la nature de l'encadrement et les finalités de l'activité. Un animateur de loisirs créatifs peut, par son dévouement et sa bienveillance, favoriser l'expression personnelle, le plaisir de créer et la convivialité. Ces qualités sont précieuses. Elles ne se confondent toutefois pas avec les compétences nécessaires pour enseigner méthodiquement le dessin, la perspective, la composition, la théorie des couleurs ou les techniques picturales. La différence se manifeste d’ailleurs moins dans l'intitulé de la structure que dans la nature du travail proposé. Un atelier réellement formateur ne se contente pas de mettre du matériel à disposition ou de suggérer des thèmes de réalisation assortis de quelques conseils. Il transmet des connaissances de manière méthodique, développe des capacités d'observation, apporte des corrections et des solutions techniques, organise une progression et apprend à l'élève à comprendre ce qu'il fait.
     
    Un professeur d'art doit pouvoir s'appuyer sur des connaissances disciplinaires solides, une pratique effective des techniques qu'il enseigne et une expérience lui permettant de comprendre les difficultés rencontrées par ses élèves. Il lui faut également des compétences spécifiquement pédagogiques : savoir concevoir un programme, proposer des exercices adaptés à chaque élève, ainsi que pouvoir identifier une erreur et en expliquer la cause. Pour les parents qui recherchent un accompagnement artistique en vue d'une orientation professionnelle, il est donc utile de pouvoir observer l’expérience et le savoir-faire de l’enseignant lors de démonstrations ou à travers les travaux de ses élèves.
     
  • Un espace complémentaire aux écoles d'art
  • Les ateliers d’art associatifs et les professeurs indépendants ne délivrent généralement pas de diplôme sanctionnant un cursus supérieur. Leur fonction est différente de celle d'un établissement qui prépare à un diplôme reconnu. Ils constituent des lieux d'apprentissage, de perfectionnement et d'expérimentation qui peuvent préparer un jeune à poursuivre des études spécialisées, sans se substituer à celles-ci. Leur intérêt réside notamment dans la possibilité de bénéficier d'un enseignement régulier avant d'entrer dans une formation plus intensive, ou de poursuivre une pratique artistique en parallèle d'un parcours scolaire général. Ces ateliers offrent aussi un environnement humain stimulant. On peut y rencontrer des amateurs passionnés, des artistes professionnels, des adultes ayant repris une pratique artistique après plusieurs années et des jeunes qui envisagent des études dans ce domaine. La diversité des parcours et des expériences enrichit les échanges et contribue à élargir les horizons du jeune élève.
     
    Pour un adolescent qui sort du lycée et cherche à définir son avenir, cette fréquentation peut être déterminante. Elle lui permet de découvrir que les arts visuels ne se résument ni à une discipline scolaire ni à une vocation isolée, mais constituent un ensemble de pratiques, de métiers, de sensibilités et de cultures. L’atelier offre ainsi un cadre de formation complémentaire, particulièrement intéressant pour construire les bases techniques, affiner ses goûts et gagner en autonomie avant d'aborder une éventuelle préparation au concours.
     
    3. Apprendre à dessiner à partir de douze ans
     
    Dans les ateliers de dessin et de peinture accueillant de jeunes élèves, l’âge de douze ans peut constituer un repère intéressant car c’est celui à partir duquel on est généralement capable de soutenir son attention, de comprendre des consignes techniques et d'aborder des exercices structurés qui demandent un peu de patience. 
     
  • Liberté et fantaisie 
  • Cela ne signifie pas qu'il faille imposer d'emblée aux enfants de cet âge des sujets, les méthodes ou le rythme de travail d'un étudiant préparant un concours ! Un enseignement adapté à ce jeune public doit au contraire conjuguer l'acquisition de compétences avec la liberté de choix, la variété des propositions et le plaisir de découvrir. Le dessin animalier et floral se prête particulièrement bien à cette démarche. Les animaux, les plantes et les éléments de la nature offrent une grande diversité de formes, de textures, de silhouettes et de couleurs. Ils permettent de travailler les proportions, les contours, les volumes et les valeurs tout en s'appuyant sur des sujets qui suscitent souvent spontanément l'intérêt des jeunes. Le dessin de personnages offre d'autres possibilités. Il permet d'aborder la morphologie, les attitudes, les expressions et le mouvement, mais aussi de développer le sens de la narration visuelle. Les approches humoristiques, les personnages imaginaires et les situations fantaisistes peuvent ainsi trouver leur place dans les exercices proposés.
     
    L'imagination enfantine n'a pas à être écartée au profit d'un réalisme prématuré : elle peut au contraire devenir un moteur pour apprendre à construire une image, à rendre une intention lisible ou à donner du caractère à une figure. La liberté de choix joue ici un rôle essentiel. Un sujet proposé par le professeur n'a pas nécessairement à être imposé à tous. Lorsqu'un thème ne suscite pas l'intérêt d'un élève, il peut être possible de lui en proposer un autre, pourvu que l'exercice conserve un objectif pédagogique pertinent. Un jeune peut, par exemple, travailler la représentation des volumes à partir d'un animal plutôt que d'un objet, ou étudier les expressions du visage à travers un personnage humoristique plutôt qu'un portrait réaliste. Cette souplesse ne signifie pas que l'élève doit uniquement dessiner ce qu'il sait déjà faire. Le rôle du professeur est précisément de trouver un équilibre entre les préférences personnelles, les possibilités du moment et les apprentissages à développer. Il s'agit de maintenir l'intérêt sans renoncer à l'exigence, et d'encourager l'expérimentation sans laisser la pratique se réduire à la répétition de procédés familiers.
     
  • Apprendre à observer
  • La première fonction d'un cours de dessin et de peinture est de donner à l'élève des bases suffisamment solides pour qu'il puisse ensuite progresser de manière autonome. Or, tout commence avec l’éveil du sens de l’observation. Le dessin d'observation apprend à regarder attentivement le monde qui nous entoure. Il invite à examiner les proportions, les volumes, les rapports entre les objets, les jeux de lumière et les particularités d'une forme. L'élève apprend progressivement à dépasser ses premières impressions pour observer avec davantage de précision, à comparer ce qu'il voit avec ce qu'il représente et à comprendre pourquoi une image fonctionne ou paraît déséquilibrée. L’étude de la perspective montre comment représenter l'espace sur une surface plane. La composition enseigne à organiser les éléments d'une image en fonction de leurs relations et de leur importance. La théorie des couleurs aide à comprendre les contrastes, les accords et les effets produits par leur association. Ces apprentissages ne relèvent pas uniquement de la technique. Ils développent une manière de regarder et d'analyser le réel, indispensable à de nombreuses pratiques artistiques et professionnelles.
     
  • Découvrir les principaux médiums
  • Le croquis apprend à saisir de manière synthétique les caractéristiques essentielles d'un sujet. Le crayon et le fusain permettent d'étudier les contours, les valeurs, les volumes et les effets de lumière. Le pastel offre la possibilité de nuancer les dégradés, les superpositions, les contrastes et les effets de matière. L'aquarelle introduit une relation particulière avec l'eau et le papier où la rapidité d’exécution joue un rôle essentiel. La peinture acrylique et la peinture à l’huile permettent de travailler la matière en épaisseur et d'explorer le jeu des textures à travers des techniques variées.
     
    L'objectif n'est pas d'exiger d'un jeune qu'il maîtrise toutes ces techniques, mais de lui permettre d'en découvrir progressivement les caractéristiques et les possibilités, puis de développer une réelle aisance dans certaines d'entre elles. Cette initiation lui donne une vue d'ensemble des arts visuels dans leur dimension matérielle. Elle lui permet de découvrir la relation entre la main, l'œil, le support et l'outil, ainsi que les possibilités offertes par une pratique qui ne passe pas systématiquement par un écran.
     
  • Le dessin et la peinture à l'heure du numérique
  • À une époque où les téléphones, les ordinateurs et les écrans occupent une place considérable dans le quotidien des jeunes, la pratique du dessin et de la peinture sur des supports physiques possède un intérêt particulier. Elle propose un autre rapport au temps, à la matière et à l'observation. Dessiner d'après nature oblige à s'arrêter, à regarder, à comparer et à recommencer. Peindre conduit à expérimenter directement les propriétés d'un pigment, d'un papier ou d'une toile. Les erreurs et les corrections deviennent visibles dans la matière même du travail. Cette expérience développe une compréhension sensible des formes et des couleurs qui ne se réduit pas à la connaissance de commandes informatiques ou de procédés numériques.
     
    Il ne faudrait pourtant pas opposer artificiellement les techniques traditionnelles aux outils contemporains. La conception graphique assistée par ordinateur, l'illustration numérique, la modélisation en trois dimensions et les autres pratiques faisant appel aux technologies numériques sont devenues indispensables dans de nombreux secteurs professionnels. La maîtrise de ces outils gagne cependant à s'appuyer sur une formation préalable du regard et de la main. Un élève qui comprend les proportions, les volumes, la perspective, la composition et les relations entre les couleurs dispose de repères qui l'aideront à utiliser les logiciels avec davantage de discernement. La technologie lui offre alors de nouveaux moyens d'expression et de conception, sans se substituer à sa capacité de jugement visuel. Les fondamentaux acquis par la pratique traditionnelle peuvent devenir une base durable, à laquelle le créateur reviendra tout au long de son parcours professionnel. Ils constituent également une réserve de sensations, d'expériences et de références dans laquelle il pourra puiser pour nourrir son imagination.
     
    L'enjeu n'est donc pas de choisir entre le crayon et l'ordinateur, entre la peinture et l'image numérique. Il est de construire une formation qui permette de comprendre les principes de la création visuelle, de les expérimenter concrètement, puis de les mobiliser avec pertinence, quels que soient les outils employés.

    4. Pourquoi ne pas attendre la fin du lycée pour commencer ?
     
    En France, le passage du lycée aux études supérieures s'effectue généralement sans véritable année de transition. À l'issue du baccalauréat, le jeune doit être en mesure de présenter sa candidature à une formation dont les exigences pratiques et culturelles peuvent être élevées.
     
  • Le décalage entre les exigences des concours et la formation scolaire
  • Or, l'enseignement du dessin demeure très limité dans le parcours scolaire général. Même dans les filières qui accordent une place particulière aux arts, Le temps consacré au travail plastique ne permet pas toujours d'acquérir les bases nécessaires à une préparation méthodique aux concours les plus exigeants. Le dessin mobilise des compétences perceptives, cognitives et psychomotrices spécifiques. Il demande notamment d'apprendre à observer avec précision, à estimer visuellement les proportions, à comprendre les volumes, à organiser l'espace sur une surface et à coordonner le geste avec l'intention visuelle. Ces capacités se développent progressivement par l'exercice et ne s'acquièrent généralement pas en quelques semaines.
     
  • L'analogie avec l'apprentissage musical
  • Un adolescent qui découvre tardivement les exigences du dessin doit donc parfois acquérir les bases techniques tout en constituant un dossier de travaux, en développant sa culture artistique, en réfléchissant à son orientation et en préparant éventuellement des épreuves orales. Cette accumulation de tâches peut rendre la préparation particulièrement difficile. Certaines écoles intermédiaires proposent des cursus de préparation de mises à niveau, mais cela rallongera alors les années d’études.
     
    L'apprentissage du dessin présente, à cet égard, des similitudes avec celui de la musique. L'enseignement scolaire peut éveiller un intérêt pour la musique, faire découvrir des œuvres et transmettre quelques notions fondamentales. Il ne suffit cependant généralement pas à former un jeune qui souhaiterait devenir concertiste ou compositeur. L'acquisition d'une véritable maîtrise instrumentale suppose une pratique régulière, un accompagnement adapté et un apprentissage progressif des difficultés techniques et interprétatives. Il en va de même pour le dessin. Apprécier les images, aimer les artistes ou éprouver du plaisir à dessiner ne signifie pas que l'on possède déjà les moyens techniques nécessaires pour répondre aux exigences d'une formation supérieure. Dans les deux domaines, une découverte relativement précoce permet de construire progressivement des habitudes de travail, d'explorer différentes possibilités et de développer des compétences qui se renforcent les unes les autres.  Il ne s'agit pas de prétendre que tout enfant doit commencer le dessin dès son plus jeune âge pour réussir. Les parcours sont divers, et des progrès importants restent possibles à l'adolescence. Mais lorsqu'un intérêt durable se manifeste, il est préférable de lui donner suffisamment tôt les moyens de se développer plutôt que d'attendre le moment où une échéance de sélection rendra les lacunes particulièrement visibles.
     
  • Le rôle des parents
  • Le rôle des parents est important. Il ne consiste pas à décider prématurément que leur enfant exercera un métier artistique, ni à transformer chaque dessin en exercice scolaire. Il consiste plutôt à reconnaître un intérêt, à lui donner les moyens de s'épanouir et à permettre à l'enfant de découvrir progressivement les exigences réelles de la discipline. Lorsqu'un enfant manifeste une attirance durable pour le dessin, lui permettre de rencontrer un professeur compétent peut constituer une démarche féconde. Il pourra découvrir des techniques, recevoir des conseils adaptés à son niveau, apprendre à observer et comprendre comment progresser. Cela laisse également au jeune le temps de construire son propre projet. Au lieu de devoir choisir précipitamment une orientation à la fin du lycée, il pourra s'appuyer sur plusieurs années de pratique pour évaluer ses aptitudes, découvrir différents domaines artistiques et envisager plus sereinement une éventuelle candidature en école d'art. Les parents n'ont pas besoin de connaître eux-mêmes les techniques du dessin pour accompagner cette démarche. Ils peuvent toutefois contribuer à créer les conditions favorables à un apprentissage régulier : prévoir du temps pour la pratique, faciliter l'accès à un enseignement de qualité et encourager la curiosité artistique sans imposer un objectif professionnel trop tôt.
     
    5. Deux années au minimum pour construire une préparation sérieuse
     
    Lorsqu'un jeune de quinze ou seize ans projette de se présenter à des concours d'entrée en école d'art à la fin du lycée et qu’il n’a jamais pris de véritables cours de dessin auparavant, consacrer environ deux années à une préparation suivie constitue un objectif raisonnable. Ce délai ne doit pas être compris comme une durée réglementaire ou comme une garantie de réussite. Les besoins varient selon le niveau initial du candidat, les écoles visées, les modalités des concours et le temps qu'il peut consacrer à son travail personnel. Il s'agit plutôt d'un horizon de travail qui permet d'éviter de concentrer tous les apprentissages sur les derniers mois. 
     
  • Préparer et approfondir la candidature
  • La première période doit être consacrée à l'acquisition des fondamentaux qui permettront d'aborder progressivement des exercices plus ambitieux : dessin d'observation, perspective, volumes, composition, couleur et découverte des principaux médiums. Elle doit aussi permettre au jeune d'expérimenter, de choisir des sujets qui le motivent, de développer ses propres centres d'intérêt et de repérer les difficultés sur lesquelles il lui faudra travailler. Cette phase ne doit pas être confondue avec une préparation intensive au concours. Elle vise d'abord à donner au candidat les moyens techniques pour entrer dans le monde des arts visuels de telle manière que celui-ci ne soit plus pour lui un domaine étranger. 
     
    La période suivante peut approfondir ces acquis tout en orientant davantage le travail vers les exigences des écoles envisagées. Le candidat peut s'exercer à des sujets plus complexes, développer ses capacités d'analyse, élargir ses références artistiques et commencer à constituer un ensemble cohérent de travaux. La culture générale doit occuper une place importante dans cette préparation. La connaissance des grands repères de l'histoire de l'art gagne à être complétée par une attention portée à la création contemporaine et aux domaines qui façonnent notre environnement visuel : design, mode, cinéma, architecture, photographie, illustration, publicité ou arts numériques. Visiter des expositions, consulter des catalogues, découvrir des films, observer les objets du quotidien et s'intéresser aux travaux de créateurs contemporains sont autant de moyens d'élargir progressivement ses références.
     
  • Constitution d’un dossier et préparation de l’entretien
  • L'objectif n'est pas là de fabriquer artificiellement un dossier séduisant en quelques mois. Il est de former un candidat capable de comprendre les exercices proposés, de mobiliser des techniques appropriées, de parler de son travail et d'aborder une formation supérieure avec des bases suffisamment solides pour en tirer profit. Lorsqu'un concours comporte un entretien, il est utile de s'entraîner à présenter ses réalisations, à expliquer ses intentions et à identifier les difficultés rencontrées au cours de leur élaboration. Savoir reconnaître une faiblesse ou une limite peut être plus convaincant que chercher à présenter chaque production comme une réussite incontestable. L’assurance à l'oral ne signifie pas qu'il faille être extraverti ou particulièrement éloquent. Un candidat réservé peut tout à fait défendre son travail avec sérieux, à condition d'avoir appris à organiser sa pensée et à formuler ses idées de manière compréhensible.
  • Les étudiants débutant en dessin y trouveront une initiation fondamentale et un entraînement à la pratique de la plupart des médiums.
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  • Les personnes déjà engagées dans une démarche artistique pourront se livrer à des expériences guidées sur de nombreuses thématiques et ainsi développer leur autonomie au fil des apprentissages.
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  • Une aide sera apportée pour se constituer un dossier répondant aux exigences attendues ainsi qu'une préparation aux entetiens (attention à ne pas s'y prendre trop tardivement).
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